Andalousie : la sécheresse fait des ravages sur les cultures et les écosystèmes

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L'eau dans le monde
Par L'équipe de rédaction

Touchée par la plus importante sécheresse de son histoire récente, l’Espagne est en proie à des difficultés, notamment au niveau de sa production agricole. L’Andalousie, considérée comme le potager de l’Europe, a été durement impactée. Que ce soit sur les cultures ou sur la biodiversité, cet épisode n’a rien épargné. Tout d’horizon.  

État des lieux de la sécheresse en Andalousie  

L’Andalousie est l’une des régions les plus touchées par la sécheresse en Espagne. Cette situation met en péril son agriculture, qui fournit une grande partie des fruits et légumes consommés en Europe, ainsi que sa biodiversité, particulièrement dans le parc national de Doñana, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. 

La sécheresse en Andalousie est due à un déficit de précipitations qui dure depuis plusieurs années. Selon l’Observatoire européen de la sécheresse, en avril 2023, près de 80 % du territoire espagnol était concerné par ce phénomène, avec une moyenne de 28 % de pluie en moins depuis octobre 2023. L’Andalousie est particulièrement vulnérable, car elle dispose de peu de ressources en eau et dépend fortement de l’irrigation pour ses cultures. 

Or, l’agriculture andalouse est très intensive et consommatrice d’eau. La région est le premier producteur de fraises et de fruits rouges d’Europe, avec plus de 300 000 tonnes par an. Ces cultures sont réalisées sous des serres qui recouvrent des milliers d’hectares, principalement dans la province de Huelva, au nord-ouest du parc national de Doñana. Ce dernier est une zone humide exceptionnelle, qui abrite une grande diversité d’espèces animales et végétales, dont certaines sont menacées d’extinction. 

La culture intensive : un désastre écologique en Andalousie

Le problème est que la culture intensive de la fraise menace directement l’écosystème de Doñana, car elle surexploite les nappes phréatiques qui alimentent les rivières et les lagunes du parc. Selon l’association WWF, il existe entre 1 500 et 2 000 hectares de cultures illégales, arrosées par des centaines de puits clandestins qui pompent l’eau sans contrôle ni limite. En 2020, le gouvernement espagnol a reconnu que l’aquifère de Doñana était « en danger » et a demandé à la région d’Andalousie de prendre des mesures pour le protéger. 

Mais au lieu de fermer les puits illégaux et de réduire la surface cultivée, le gouvernement régional d’Andalousie a proposé une loi pour légaliser l’accès à l’eau des producteurs de fraises et de fruits rouges qui n’étaient pas inclus dans le plan d’irrigation de 2014. Cette loi, soutenue par le Parti populaire (PP, droite) et le parti d’extrême droite Vox, a été votée le 12 avril au Parlement andalou. Elle prévoit de « réparer une injustice » en donnant des droits d’eau aux agriculteurs qui ont continué à arroser leurs cultures illégalement ces dix dernières années. 

Cette décision a provoqué la colère des écologistes, qui dénoncent une atteinte au patrimoine naturel de l’Andalousie et une violation des engagements internationaux de l’Espagne en matière de protection de l’environnement. Ils craignent que la légalisation des puits illégaux ne conduise à une augmentation de la demande en eau et à une aggravation de la sécheresse. Ils appellent à un changement radical du modèle agricole andalou, basé sur une utilisation plus rationnelle et durable des ressources en eau. 

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L’équipe de rédaction

La rédaction de coldshower.eco s’occupe d’un seul sujet, l’eau à la maison : celle qui coule sous la douche, celle qui chauffe dans le ballon, celle qui fuit derrière le compteur, et ce que tout cela finit par coûter. Elle signe ses articles collectivement et les écrit en pensant à quelqu’un de précis, une personne devant sa facture d’eau ou un devis de plombier, qui veut savoir quoi faire sans y passer la soirée.